J’ai connu le réseau Cocagne par hasard. Je traversais une période chaotique de ma vie et on m’a proposé de participer à des ateliers cuisine me permettant d’apprendre à cuisiner les légumes de mon panier. J’aimais beaucoup ces ateliers de cuisine auxquels je participais mensuellement. C’était toujours une réelle découverte. Non seulement j’apprenais à cuisiner de différentes façons des légumes que je méconnaissais (la blette par exemple) mais je passais aussi un agréable moment avec des personnes venues de différents horizons qui partageaient le même intérêt que moi autour de la cuisine. Et surtout, le résultat était toujours très bon ! Cocagne c’était donc synonyme pour moi de « positif », de liens humains et de réconciliation avec la saisonnalité, concept qui était devenu assez lointain pour moi.
A l’occasion d’un atelier cuisine, une des animatrices a expliqué que tous.tes les animateurs.trices qui dirigeaient ces ateliers étaient des personnes en insertion professionnelle et qu’il y avait des recrutements réguliers. Cela a été le cas le mois suivant et c’est ainsi que j’ai rejoint l’équipe d’animation, poste que j’ai occupé pendant presque 2 ans.
Au-delà des ateliers cuisine qui sont pour la plupart d’agréables moments de partage, j’y ai fait d’incroyables rencontres, j’ai partagé des moments forts avec mes collègues et encadrantes pour lesquel.les j’ai beaucoup de gratitude. J’ai découvert véritablement le travail en équipe à travers le métier d’animatrice culinaire. J’ai épousé aussi des valeurs, celles de Cocagne, des valeurs de partage, d’entraide, de solidarité envers les agriculteurs mais aussi envers les gens afin de leur donner accès à une alimentation saine. Je disais « Cocagne ça vous gagne ! » en arrivant tout simplement car la rime me plaisait. Je pense désormais que c’est vrai car je suis toujours dans le réseau, désormais en tant qu’encadrante à la boutique des Jardins du Ricotier à Fenouillet. C’est à mon tour de participer à ce cercle vertueux et de continuer à véhiculer ces belles valeurs autour du vivant, j’entends, la nature et nous-mêmes. Je n’ai peut-être pas encore trouvé mon Pays de Cocagne mais j’y ai trouvé un réseau solidaire, presque une famille. Je n’aurais jamais pensé qu’en y entrant je n’en partirais pas et que, de participante, je passerais à animatrice, puis à encadrante. La vie nous réserve sans cesse de nouvelles surprises…



